Les aventures des Rafales U-
Dix-sept joueuses des Rafales U-
Les Rafales sont invitées par le Club de soccer d’Allery-Airaines, près d’Amiens, dont une vingtaine de joueurs âgés de 16 à 20 ans ont passé près de trois semaines à Sainte-Julie, durant l’été 2008. Au cours de leur périple entièrement financé grâce à des activités organisées par l’équipe et par leurs hôtes, les Rafales U-
Durant leur voyage d’une dizaine de jours, les Rafales U-
Si, comme les Russes lors de la Série du siècle de 1972, les Rafales se rendent dans l’Hexagone « pour apprendre », elles apporteront également beaucoup au soccer féminin dans la région, où elles deviendront de véritables ambassadrices.
Suivez les Rafales U-
Daniel Renaud
Entraîneur, Rafales U-
Président, Club de soccer Sainte-Julie
Les Rafales soufflent sur la France….
Et voilà, le rêve des Rafales U-
Il a cependant fallu patienter une autre heure de plus, le vol TS110 d’Air Transat quittant l’aéroport PET à 22h30 plutôt qu’à 21h, comme prévu.
Après un vol sans histoire au cours duquel Vivian s’est promenée de rangée en rangée, haranguant les filles qui avaient les yeux dans la graisse de binne, Françoise, Amandine et Jean-Pierre sont venus nous chercher à l’aéroport Charles-De Gaulle.
Puis direction Airaines : située dans la campagne profonde de la France, la ville, magnifique, se dresse dans le creux des collines, sur une route magnifiquement bordée de platanes.
Immédiatement, les filles ont pris leur quartier dans la salle des Fêtes, rapidement prise d’assaut par une meute de garçons attirés par les Québécoises.
« Couchez-vous de bonne heure, nous allons planter les…euh, nous avons un match important demain», a ordonné le coach, Daniel. Mais les Rafales, également surnommées les Duracel, ont puisé dans leurs dernières réserves et ont longuement tiraillé le ballon avec Max, David et les autres, au stade d’Airaines.
S’en est suivie une douche communautaire mémorable marquée par les cris stridents d’une eau glaciale glissant sur les enveloppes corporelles fourbues.
Crevées, les filles ont finalement rendu les armes vers 2h, heure locale!...Avant de se lever très tôt, au grand dam d’Annabelle…..mais ça, c’est une journée….
Les Rafales tombent de haut!
La journée avait pourtant bien commencé. Après une nuit de sommeil que l’on croyait réparatrice et un lever plus que matinal, les Rafales ont fait connaissance avec l’un des plus beaux terrains qu’elles n’ont jamais vu, à Allery, où elles ont suivi un premier entraînement léger sous la supervision de leur entraîneur Picard, Jean-Pierre Outrequin.
Quelques heures plus tard cependant, le terrain est soudainement devenu moins attrayant! Vraisemblablement encore affectées par le décalage horaire et accablées par une chaleur torride, sous un soleil de plomb (il faut bien trouver des excuses!), les Rafales ont été malmenées 4 à 0 par la sélection féminine du district de la Somme, des filles de 13, 14 et 15 ans qui brûleraient probablement la ligue au Québec! La joueuse numéro 9, une certaine Anaïs, a littéralement taillé en pièces la valeureuse défense des Québécoises avec trois buts et une passe. Et heureusement que plusieurs de ses tirs ont raté la cible!
Deux heures plus tard, les garçons de 18 ans (environ) de l’Association de foot d’Allery-Airaines qui étaient venus au Québec l’été dernier et qui représentaient la province dans un match amical contre leurs collègues du même âge, ont sauvé notre honneur en battant l’autre équipe, 2 à 1. Jean-Paul Lucas, qui malgré la quarantaine semblait être l’un des plus jeunes sur le terrain et qui entraînera les Rafales la semaine prochaine, et Maxime André, le préféré de ces (jeunes) dames, ont inscrit les buts pour les naturalisés Québécois.
La journée s’est terminée, comme d’habitude, par un brin de jasette autour d’une bouteille de pinard (ouf, mon foie) et les ronflements de Louis, Frédéric, etc…
La vengeance sera douce aux coeurs des Rafales…
Remises de leur Waterloo de la veille (et du décalage horaire!), les Rafales ont tenu une séance d’entraînement d’une rare intensité jeudi matin, sur le terrain (Oh morne plaine!) d’Allery.
Dirigés par de jeunes moniteurs charmants, tel Max, David, Nicolas, Julien et William, les Rafales ont complètement oublié la canicule et ont tenu une séance d’entrainement d’une impressionnante intensité, et d’une rare longueur : trois heures!
« C’est pas mal plus l’fun que ce nos pratiques habituelles », a lancé, enthousiaste, Justine, à son entraîneur qui a alors eu un pincement au cœur.
« Est-ce que je peux ramener Julien dans mes valises? », a demandé la gardienne, Marie-Laurence, le cœur léger.
Décidément, la prochaine équipe de Française que les Rafales affronteront devra bien se tenir : les filles ont le couteau entre les dents et sont déterminées à connaitre leur Austerlitz.
Après avoir eu le bonheur de s’entretenir avec leurs parents par ordinateur, les filles, qui n’en pouvaient plus après trois jours sans magasinage, ont littéralement écumé les commerces d’Abbeville. Avec 24 Euros, Vivian a été la plus dépensière et s’est achetée une robe (est-ce vraiment une robe?) qui ne laissera personne indifférent.
Imitant Jacques Demers, qui s’était rendu prier à Sainte-Anne-de-Beaupré avant la dernière Coupe Stanley du Canadien en 1993, Marjorie, Ève, Jennifer, Fredo et Mathilde se sont recueillies au parvis Saint-Vulfran d’Abbeville(construit au 14 ème siècle!), espérant une victoire samedi dans cette ville de la Picardie.
En soirée, les filles ont été invitées à un pot-de-l’amitié par la petite ville d’Allery (800 habitants) et son maire, Bernard Lamotte, qui a livré un vibrant plaidoyer en faveur du foot féminin devant un auditoire conquis d’avance.
Durant la journée, les Rafales ont reçu la visite de journalistes du Courrier Picard (quotidien) et de l’Éclaireur (hebdo) pour des articles qui seront publiés respectivement dimanche et mardi prochains.
Des Rafales de progrès…
La nuit a été particulièrement suffocante et le réveil du corps a été pénible. Mais la canicule est terminée et c’est sous un ciel gris et lourd, mais à une température plus qu’idéale, que les filles ont tenu leur deuxième pratique intensive de trois heures vendredi matin.
C’est fou comme la présence de Max, Nicolas, William, Benjamin, David, Émilien et le p’tit jeune, Camille, décuple la motivation et fait oublier les petits bobos!
Multipliant les jeux tactiques, les Rafales sont déjà méconnaissables. Les filles sont plus que déterminées à montrer ce qu’elles ont appris. Les prochaines adversaires sont à plaindre!
En après-midi, c’était période libre durant laquelle leur coach leur a promis qu’il les planterait à la Dame de Pique, promesse qu’il n’a pu tenir, préférant les laisser gagner…
Après Allery la veille, les Rafales ont été reçues vendredi soir en grandes pompes par le conseil d’Airaines, et son maire, Jean-Luc Lefebvre, qui avait passé son grand cordon tricolore pour l’occasion et qui a livré un discours très porté sur les liens qui unissent sa région au Québec.
À l’issue de la cérémonie, le président du Club de soccer Sainte-Julie et entraîneur des Rafales U-14 F AA, Daniel Renaud a été nommé citoyen d’honneur de la ville d’Airaines et a reçu une médaille des mains du maire Lefebvre, une distinction qu’envierait certainement notre mairesse!
Mais la surprise fût totale pour les filles quand la fanfare d’Airaines, toute en musique, percussions en tête, s’est profilée derrière la vitre du grand salon de la mairie.
« Est-ce qu’on peut sortir », a immédiatement demandé Marjorie Legros, suivie par toutes ses collègues, parents et dignitaires. La fanfare, qui est prestigieusement connue dans la région et qui a remporté des prix à l’échelle nationale, a offert une prestation fort appréciée avant de défiler, suivies par les filles, jusqu’à la salle des fêtes, où elle a acquiescé à un rappel avant de se disperser, satisfaite d’avoir permis aux Rafales de connaître une autre expérience inoubliable.
C’est sur cette note (de musique) que s’est terminé le jour 4. Samedi, les filles visiteront le château de Rambures avant de sillonner la côte Picarde. Les plus téméraires tremperont peut être le gros orteil dans l’eau de la baie de la Somme avant de revenir à Abbeville où elles disputeront le deuxième match de leur série de trois (il y en aura peut être un quatrième) contre les Françaises.
Dimanche, matin, elles partiront pour Paris où elles passeront deux jours. Malgré les déplacements, nous espérons pouvoir mettre rapidement en ligne les textes et les images.
Rafales-les-Bains
Le titre de cette cinquième journée est à double-sens. Autant les Rafales ont eu du plaisir à se tremper dans l’eau de la Manche et à se chauffer la couenne sur la plage de Fort-Mahon, autant elles ont subi une véritable douche d’eau froide quelques heures plus tard, lorsqu’elles ont été battues 6 à 0 par une sélection de filles de 13-14 et 15 ans de la Ouest-Somme.
C’est bien écrit battues et non rossées. Après une demi, c’était un à zéro. Les filles ont disputé un match intense et effectué plusieurs beaux jeux appris lors des pratiques intensives des deux journées précédentes, mais les Bleu-Blanc-Rouge étaient beaucoup plus fortes et la logique a fini par s’imposer. Au Québec, ces filles, qui jouent normalement avec les garçons, s’aligneraient assurément dans le AAA.
Plusieurs Rafales avaient la larme à l’œil après la partie et il a fallu les ramasser à la petite cuillère et jouer au psychologue. Tout sera rapidement oublié avec le départ dimanche pour Paris, où les filles passeront les deux prochains jours.
Certaines d’entre elles ont été blessées dans le match très physique, dont Roxane qui a été victime d’un choc violent. Si notre numéro 14 national a déjà quitté un match sur une civière à Sainte-Julie, il y a trois ans, cette fois-ci, on a fait venir le médecin de l’AS2A (Association de foot d’Allery-Airaines) qui s’est rendu à son chevet au retour des Rafales à la Salle des Fêtes.
« Simple contusion mais elle va avoir mal demain », a diagnostiqué le docteur Marco Acheronti, pas trop certain d’envoyer une facture…
À noter que l’un des jeunes éducateurs Français, Maxime André, a prêté main forte aux entraîneurs Jean-Pierre Outrequin et Daniel Renaud lors de ce match entre cousines, et durant lequel des liens ont été créés sur le terrain.
Une chose est sûre, les Rafales n’ont pas à rougir de leur prestation et ont lutté avec l’énergie du désespoir jusqu’à la fin. Il y aura d’autres pratiques et d’autres matchs avant la fin du séjour. Dans la vie, il faut souvent reculer d’un pas pour avancer de trois…
Vague à l’âme…
Durant la matinée, les filles avaient visité le Château de Rambures, une magnifique place-forte médiévale. L’auteur de ces lignes a surtout retenu, non sans une certaine nostalgie, que la chambre du maître des lieux était reliée à la chambre de sa femme par un escalier fermé par une porte, et que sur celle-ci, il y a un verrou, mais seulement du côté de la chambre de monsieur et non celle de madame….
Après avoir mangé sur les bords de la Manche, les Rafales ont profité de la mer de Fort-Mahon, sous un soleil de plomb, à l’ombre des bunkers de Rommel, toujours debout…
À compter de dimanche matin, 7 heures, heure locale, les filles seront à Paris pour deux jours. Nous ne pourrons vraisemblablement vous donner des nouvelles avant notre retour (sauf si nous pouvons se connecter sur le réseau de l'hotel).
Des Rafales de feu et de flammes...
Ce dimanche a été marqué par une expérience que les Rafales n'oublieront pas de si tôt et que peu de Québecois ont eu la chance de vivre.
Pour la première fois de leur vie en effet, les Rafales ont vu Paris et grâce a un citoyen d'Airaines, Robert Poiret, de connivence avec leur entraîneur Picard, Jean-Pierre Outrequin, les filles ont, à 18h30 exactement, ravivé la flamme qui veille la tombe du soldat inconnu et qui repose sous l'Arc de Triomphe de la Place de l'Étoile.
Flanqués de Jennifer et de Justine, M. Poiret et Martine, solennels et dignes, ont lentement défilé devant les hommes du 153ème régiment du Train pour ensuite déposer une gerbe de fleurs sur le tombeau qu'abrite l'imposant monument érigé à la gloire des soldats et des victoires de l'empereur Napoléon 1er.
Quelques minutes plus tard, ce fût au tour de Noémie L. de ranimer la flamme en faisant tourner son socle à la pointe d'une épée, au son du tambour et du clairon.
Faisant montre d'un comportement exemplaire durant la cérémonie d'une quinzaine de minutes, les Rafales ont été remerciées par plusieurs spectateurs Français présents.
"Je suis très heureux que des Québécois aient participé à cette cérémonie. C'est important de faire connaître cela aux jeunes", nous a dit, ému, l'ex-proviseur d'une école, se rappelant sûrement le rôle important joué par les Canadiens venus à l'aide de la France durant les deux guerres mondiales.
Durant l'après-midi, affichant un p'tit côté croyant encore insoupçonné, quelques Rafales, dont Frédérique, Noémie L. et Mathilde, ont allumé des lampions à la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, implorant une victoire dans le prochain match contre les Françaises.
Les filles ont ensuite littéralement vidé une machine distributrice de crème glacée, dégustant un cornet sur l'île de la Cité, dépoussièrant au passage quelques vieux trésors étalés par les bouquinistes de la Seine et hélant tous les policiers qu'elles croisaient, à pied ou à cheval, à la recherche de sympathiques clichés.
Il fallait voir les Rafales se jeter aux vitres de l'autocar et leurs yeux s'écarquiller lorsque la célèbre silhouette de la Tour Eiffel s'est profilée à l'horizon, lors de leur arrivée à Paris. Mais ce n'est que lundi après-midi que les filles en feront l'ascension. Une ballade en bateau-mouche est également au menu. Ensuite, les filles reviendront à Airaines en soirée. Nous mettrons le texte et les photos en ligne le plus rapidement possible.
Les Rafales soufflent sur le plus haut sommet…
Mais ceux et celles qui croient que c’est parce qu’elles ont battu les Françaises, détrompez-vous. Ce n’est pas encore fait, du moins pas pour le moment mais ça s’en vient. Les Rafales ont plutôt atteint le plus haut et célèbre sommet de Paris lundi après-midi, lorsqu’elles ont fait l’ascension de la Tour Eiffel, ultime symbole de la Ville-Lumière.
« Est-ce qu’il faut grimper à pied? », a demandé, inquiète, Marie-Joëlle Lessard, avant d’être rassurée par la réponse de son entraîneur.
Devant la vue magnifique de la capitale française, dans toute sa splendeur et sa grandeur, les batteries des numériques se sont rapidement taries une fois que les filles eurent franchi les quelques 320 mètres de hauteur.
Cheveux au vent, avec, en arrière plan les Invalides, la Seine ou Notre-Dame, les filles ont exposé leur plus beau sourire Crest à la lentille.
Devant la trop grande foule qui stagnait devant les portes du funiculaire, c’est à pied que les Rafales ont descendu la dernière portion de la tour, à la grande joie de Frédérique et Noémie L., qui ont la hantise des hauteurs!
La Tour Eiffel a été érigée pour l’Exposition universelle de 1889. Débutée en 1887, sa construction a duré deux ans. L’édifice devait être démantelé après quelques années mais les autorités de la ville ont décidé de la conserver, devant l’intérêt général. Heureuse décision.
En matinée, les Rafales avaient sillonné la Seine en bateau mouche pour une courte croisière à l’issue de laquelle plusieurs d’entre elles ont acheté le classique t-shirt « I love Paris ».
Parlant de magasinage, elles ont également eu l’occasion d’écumer les prestigieux magasins des Champs-Élysée lors d’une séance de magasinage qui s’est plutôt apparenté à une course contre la montre. Pendant que ses amies ont visité les plus célèbres boutiques de vêtements, Mathilde s’est arrêtée chez Renault, Peugeot, Toyota, etc…
Si les filles ont quitté Paris repues et contentes, c’est aussi avec beaucoup de bonheur qu’elles ont repris le chemin de la salle des Fêtes d’Airaines où elles se sentent maintenant comme à la maison.
Mardi, les choses sérieuses reprennent. Les filles passeront les deux prochains jours à Amiens, dans un camp spécialisé dirigé par Jean-Paul Lucas, qui fera appel à Maxime, David et les autres comme adjoints.
À 17h, les Rafales affronteront l’équipe féminine de Villers-Bretonneux. Ce match n’était pas prévu à l’origine, les filles disputeront donc quatre parties en tout durant leur séjour. Une fiche de 500 est donc encore possible. N’oublions pas les lampions….
Des Rafales sous une pluie d’eau…et de buts…
Pour la première fois depuis le début de leur voyage de rêve, les Rafales ont affronté la pluie nourrie de la Picardie mardi. C’est donc sous une alternance de fortes ondées et de périodes d’accalmie, sous un ciel lourd, qu’elles ont dû affronter une troisième équipe de Françaises.
Les filles et leur coach attendaient des U-14, ou presque, comme elles, mais elles se sont mesurées à une équipe féminine…senior…
Il fallait voir Vivian dans un corps à corps contre une femme dans la quasi trentaine…de près de 200 lbs! « Considérez qu’il s’agit d’une pratique » a lancé l’entraîneur des Rafales à ses filles terrifiées avant le match.
Malgré qu’on les sentait intimidées, les filles ont bien lutté, mais se sont inclinées 7 à 0 contre des femmes plus rapides, imposantes et aguerries.
Frédérique a failli inscrire le premier but de l’histoire de l’équipe en sol français mais le ballon a frappé la barre horizontale.
Les filles ont disputé ce match amical dans le cadre d’une journée de camp de jour de soccer, dans une école primaire, à Amiens. Elles ont été invitées par Jean-Paul Lucas, responsable de Foot + Picardie, qui était venu à Sainte-Julie l’été dernier.
Jean-Paul a dirigé la pratique en matinée mais devant la fatigue des filles qui ont un horaire très chargé depuis le début de leur séjour, il a décidé d’y mettre fin prématurément. Pour la première fois depuis le début de leur voyage, les Rafales ont pu se baigner dans une piscine.
Elles fréquenteront le même camp de jour mercredi et disputeront un dernier match jeudi avant de revenir au Québec le lendemain. Il faudrait bien finir en beauté. Leur entraîneur leur réserve une petite surprise.
Les Rafales, des foot-euses…de troubles!
…s’est sûrement dit Jean-Paul Lucas, quand il a vu quitter les filles du Québec, après deux jours dans ses camps de jour à Amiens. Blague à part, tout s’est très bien déroulé. Beaucoup mieux que la veille en tout les cas. Même si l’entraîneur des U-15 M de l’AS2A, Dany Fleury, a invité la délégation du Québec pour un dîner mardi soir. À un certain moment, son âne, Charlie, a même circulé entre les convives, soulevant l’hilarité générale. Une chose à laquelle nous n’aurions jamais pu assister dans un voyage de tourisme.
Tout cela donc pour dire que même si la sortie, quoique très agréable, a grandement fatigué les filles, celles-ci ont tout de même montré un peu plus de dynamisme, mercredi matin, lors des exercices dirigés par Maxime, David et Nicolas.
En après-midi, les filles ont pris part à un mini tournoi de six équipes dans lesquelles elles étaient dispersées. Elles ont notamment joué avec des garçons de moins de 12 ans. Mais quels garçons! Un p’tit blond d’à peine quatre pieds de haut, surnommé Messie, a particulièrement ébloui les Rafales. Un nom à retenir…pour l’équipe nationale!
L’Équipe des Oranges, dans laquelle on retrouvait notamment Vivian et Annabelle, a emporté le tournoi. La délégation du Québec a donné des t-shirts, des ensembles cadeaux de la ville de Sainte-Julie, des drapeaux fleur de lysée et des épinglettes à chacun des membres de l’équipe championne, soulevant leur enthousiasme.
Pendant que leurs filles trimaient dur, les parents ont visité la côte picarde dans une fourgonnette louée. Ils sont notamment retournés à Mers-les-Bains, en plus de visiter Cayeux, et Eu-de-Tréport. Ils ont visité un potier, mangé des moules frites et fait des achats.
Mercredi soir, l’AS2A reçoit la délégation québécoises pour un BBQ au stade d’Airaines, une espèce de dîner d’adieu. Ça sent le retour. Les filles se sont mises belles et se sont échangées leurs vêtements, provoquant une espèce d’effet domino…Marjorie L. porte les jeans et la boucle du Canadien de Mathilde, Ève St-L porte la boucle de ceinture drapeau du Québec de Mathilde et les jeans de Marjorie, Marie-Pier a la veste de…Mathilde et No. Gagnon chausse les souliers de Jennifer!
Pour leur dernière journée jeudi, les filles vont visiter Amiens et sa magnifique cathédrale, faire le magasinage de dernière minute et disputer leur dernier match contre les Françaises. On se croise les doigts. L’honneur sera-t-il sauf? Il y a toujours cette surprise que leur réserve leur entraîneur…
Puisque qu’elles ont été à Amiens lors des deux derniers jours, il a été très difficile pour tout le monde de communiquer avec les parents au Québec. Jean-Pierre Outrequin a amené chez lui cinq filles qui s’ennuyaient particulièrement pour qu’elles écrivent à leurs parents. Qu’est-ce qu’on ferait sans lui! Ce sera encore difficile de communiquer jeudi. Mais consolez-vous, nous revenons bientôt. J’appréhende larmes et déchirements…
Une pièce d’anthologie…
C’est cinq à zéro pour les Françaises d’Amiens. Malgré la présence d’Aline, dans les rangs des Rafales, rien ne va. Les filles sont mornes, sans âme. Ça sent un autre blanchissage.
« Comment de temps il reste? », demande le coach des Rafales à Nicolas, un éducateur, mais qui, cette fois-ci, observe la partie des lignes de côté, en tant que simple spectateur. Il est découragé, comme David, Will et Émilien, qui, durant le séjour de 10 jours des Rafales en France, ont appris aux filles beaucoup de choses, craignent-ils, sans résultat.
« Huit minutes», répond Nico, machinalement.
Marie-Laurence a eu beau avoir multiplié les miracles devant la puissante numéro 9 en échappée, Marjorie Briand a eu beau tirer de partout, Aline a eu beau fouetter les Vertes par des efforts inouïs, une technique parfaite et des passes scientifiques, rien n’y fit….Jusquà ce que…
Un peu plus discrète depuis le début de la deuxième demi, Aline anticipe, fonce, coupe une passe, attaque le but et réalise une retentissante frappe à la droite de la gardienne impuissante…but! Les Rafales marquent enfin, après trois matchs et 50 minutes, et 15 buts contre…
« Bon, on ne se fera pas blanchir…je suis content mais le seul problème, c’est que c’est encore une Française qui a marqué. L’honneur québécois n’est pas encore sauf… », analyse avec justesse le coach Daniel, un peu décontenancé.
Mais il ne le sait pas, quelque chose vient de se passer. Une énergie nouvelle gagne les Rafales. Sachant probablement que le sport national du Québec est le hockey, la jeune Française vient de briser la glace.
La zamboni
Sortant soudainement de leur torpeur, les Rafales tirent vers le but ennemi. En écartant le ballon, la gardienne l’envoie derrière la ligne des buts. Coup de pied de coin!
Daniel se souvient du but de la tête de Marie-Joëlle sur un coup de pied de coin il y a quelques semaines. «Changement M. l’arbitre! Fred revient au banc. Marie, vas-y », ordonne-t-il au numéro 19 des Vertes qui se jette dans la mêlée, le visage radieux.
Roxane frappe un lobe tout en douceur. Marie-Joëlle mire le ballon et se projette dans les airs, deux joueuses oranges à ses trousses. Mais celles-ci ont complètements oublié Marjorie L., qui se tient derrière, tapie dans l’ombre.
Le ballon bondit, Marjorie ne rate pas sa chance et fait bouger les cordages. Notre numéro 4 a l’honneur de marquer, enfin, le premier but de l’histoire des Rafales de Sainte-Julie en sol français. « Le premier et probablement le dernier pour cette fois-ci », se dit le coach. Il ne reste que quatre minutes. Au moins, l’honneur est sauf.
Mais la Zamboni Verte s’est mise en marche et la panique s’est installée dans les rangs Français.
Comme elle l’a fait tant de fois depuis le début du match, Marjorie Briand reçoit une passe de Marjorie L., fonce vers le but et marque enfin, après au moins une demi-douzaine de chances ratées. Consciente de la situation, notre numéro 7 lève les bras en l’air, en se disant enfin!
« C’est combien », demande Daniel à Max et David, ses assistants.
« Cinq à trois », répondent les gars, ressuscités eux aussi.
« Bon, c’est quand même pas mal », répond l’entraîneur, qui n’en revient pas de la façon dont le vent, celui des Rafales, a tourné.
Mais c’était sans compter sur sa propre fille, Mathilde, qui voulait elle aussi sa part du gâteau. Avec moins de deux minutes à faire, notre longiligne demi qui s’était écartée vers la droite et qui avait échappé à la surveillance de la défense des Oranges, reçoit une passe parfaite de Marjorie Briand à partir du centre, fonce vers le but, seule, et tire à la droite de la gardienne, bafouée pour une quatrième fois consécutive. Incroyable, c’est 5 à 4!
Les Rafales sont déchaînées mais elles manqueront malheureusement de temps. Il n’aurait pas fallu pour les Françaises que le match dure cinq minutes de plus. Malgré ses sentiments pour les Rafales, Jean-Pierre Outrequin, qui a arbitré un match juste, siffle la fin.
Curieusement, les Rafales, qui ont perdu, jubilent. Les Françaises sont dévastées.
Les Vertes remportent une victoire morale, et elles le savent. Mais elles ont gagné beaucoup plus, notamment le respect.
Parties de Montréal il y a douze jours, les Rafales reviennent assurément améliorées et plus unies que jamais. Le voyage de rêve ne pouvait mieux se terminer.
Incapables d’acheter un but
« On n’est pas capable d’acheter un but », avait lancé leur entraîneur durant le match, avant que le ciel tombe sur la tête des Françaises.
C’est probablement parce que les Rafales avaient fait tous leurs achats en après-midi, en écumant les commerces d’Amiens, après avoir visité la magnifique cathédrale de la capitale de la Somme et le stade de l’équipe professionnelle locale, et avoir participé à une ballade romantique, sous la pluie, dans les hortillonnages.
Comme prévu, les filles reviennent vendredi, avec des cadeaux pour leurs co-équipières restées à Sainte-Julie, des achats, et des souvenirs pleins la tête, jusqu’à la fin de leurs jours. Elles laissent également derrière elles des articles de journaux.
Les filles quittent la Chapelle (C’est ainsi qu’elles ont surnommé la Salle des fêtes) tout en emportant avec elles une Bible (un livre d’exercices) Les Rafales U-14 F AA deviendraient elles comme les Canadiens de Montréal avec des références à la religion?
Il faut rapidement revenir à la réalité les filles, on joue contre Varennes dimanche…
Des Rafales de larmes
La graisse de bine qui habitait les yeux des Rafales à leur réveil, après une nuit plutôt courte, a fait place aux larmes, lors du départ de la Chapelle pour l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, à 8h.
"Est-ce que tu as des kleenex", a demandé Maie-Pier à Marie-Joëlle dans l'autocar. Notre numéro 18 et sa voisine de banquette, Vivian, sont demeurées longtemps le regard fixe, les yeux dans l'eau, indifférentes au
magnifique paysage qui défilait devant elles. Par solidarité, Ève St-Laurent s'est également mise de la partie, pendant que les autres Rafales comparaient leurs derniers clichés arrachés avant le départ.
Pour le départ, Max, David, Will, Nico, Amandine, Françoise, Joël et M. Poiret et évidemment l'éternel Jean-Pierre sont venus faire leurs adieux aux filles, distribuant allègrement bises, accolades et étreintes, sans oublier le fameux salut chorégraphique inventé par Noémie L.
Les deux heures d'autocar qui nous séparaient de Paris ont défilé comme l'éclair. Il est actuellement 11h, heure locale, Nous attendons à l'aéroport et nous embarquons dans deux heures. On se revoit tout à l'heure, après 11 jours de séparation, pour de nouvelles étreintes.
Le vol de retour s'est très bien passé. C'est par des cris et des applaudissements que les parents ont revu leur fille à l'aéroport PET. Le voyage de rêve est terminé. Mais d'autres aventures se profilent à l'horizon.
Les Rafales U-
LES INSTANCES ET CLUBS DE SOCCER :
Le District de
Le Sporting Club Abbeville – Côte Picarde : Monsieur GEDON Didier, son Président.
L’Amiens Sporting Club – Picardie : Monsieur JOANNIN Bernard et Monsieur POUILLOT Pascal, les Présidents.
Pour la Région Picardie :
Monsieur GEWERC Claude , Président du Conseil Régional de Picardie
Monsieur CHAPUIS-ROUX Olivier, 7ième vice-président « Sports, Loisirs et Traditions »
Monsieur BRUCHE André, Directeur du Service des Sports et des Loisirs
Madame PLESNAGE Caroline, Chargée de mission « Égalité » à la Mission Égalité Femmes / Hommes et Lutte contre les Discriminations
Pour le Département de la SOMME :
Monsieur MANABLE Christian, président du Conseil Général de la Somme
Monsieur STOTTER Jean-Jacques, Conseiller Général, 7ième vice-président « L’aménagement du Territoire et de la Ruralité »
Nos communes :
Monsieur LEFEBVRE Jean-Luc, Maire et la Municipalité d’Airaines
Monsieur LAMOTTE Bernard, Maire et la Municipalité d’Allery
Les joueuses et Présidents des clubs de : Mareuil-Caubert, ES3VB, Bray lès Mareuil, Pont Rémy, SCA, L’Etoile, AJF du Vimeu, Blangy-Bouttencourt, F.C. Oisemont, Ailly sur Somme.
Les Rafales U-
Les employés en lock out de RueFrontenac.com pour leurs canettes vides et les nombreuses tablettes de chocolat qu'ils ont ingurgitées.
Les Rafales U-14 F AA remercient également la Société Saint-Jean-Baptiste Richelieu-Yamaska pour leur avoir donné plusieurs cadeaux qui seront remis aux joueuses françaises qu'elles affronteront.